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Lundi, 08 Mars 2010 13:21    Lu : 204

Le forcing de Benbouzid

LES ENSEIGNANTS GRÉVISTES REÇOIVENT DES MISES EN DEMEURELES ENSEIGNANTS GRÉVISTES REÇOIVENT DES MISES EN DEMEURE
Les syndicats autonomes dénoncent le forcing de Benbouzid Benbouzid a mis à exécution ses menaces : les enseignants affiliés au Cnapest ont reçu, hier, des mises en demeure les sommant de reprendre le travail. Les assemblées générales se sont tenues hier dans les lycées sous la menace. Le ministre de l’Education fait un passage en force et bafoue le droit à la grève, soulevant un tollé chez les syndicats autonomes.

Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Après l’appel de l’Unpef lancé samedi soir, une tendance à la reprise a été constatée hier au niveau des trois paliers de l’éducation. Au niveau du secondaire, les lycées où est fortement représenté le Cnapest étaient toujours paralysés hier en attendant la décision du conseil national qui décidera aujourd’hui de la reprise ou pas des cours. Les enseignants, qui devaient se réunir hier en assemblées générales au niveau des lycées, ont été menacés de radiation par les directeurs des établissements qui leur ont notifiés des mises en demeure dans lesquelles ils les somment de geler la grève. Les enseignants grévistes ont refusé d’accuser réception de ce document. Du côté du Cnapest, on affirme vouloir garder une sérénité à toute épreuve. Le responsable de la communication explique que son syndicat œuvre dans le respect total des lois régissant les relations de travail et ne pas être hors la loi.
Le forcing de Benbouzid

Ce n’est certainement pas un avis que partage le ministre de l’Education. Il vient d’actionner la machine répressive contre les grévistes en les menaçant de radiation, et ce, en violation de la loi qui protège les grévistes et qui reconnaît le droit à la grève. Mais ce n’est pas tout puisque le ministre de l’Education au nom de «l’intérêt suprême» des élèves vient de violer un des principes sur lesquels il s’est montré si intransigeant par le passé. En annonçant qu’il compte recruter 50 000 enseignants, il viole un principe que lui-même avait sacralisé en affirmant qu’aucun recrutement ne pouvait se faire sans concours. Il avait tenu ce discours aux contractuels qui avaient ému l’opinion publique qui pour exiger leur titularisation avaient fait une grève de la faim pendant plusieurs semaines. Au nom de quelle logique son département annonce-t-il qu’il peut remplacer les grévistes par des recrutements sans concours ? Les syndicats autonomes ont leur propre lecture : ils y voient une fois de plus des velléités liberticides. Les syndicalistes suspectent Bnebouzid de vouloir se saisir de cette occasion pour casser les syndicats automnes. Il semblerait même qu’une réflexion serait en cours au niveau du gouvernement afin de retirer les agréments aux syndicats autonomes jugés «perturbateurs».
Le Satef propose une plainte collective auprès de l’OIT

Des desseins qui n’ont pas échappé aux syndicats autonomes qui réagissent aux atteintes aux libertés syndicales. Le Snapest a été le premier à réaffirmer son soutien aux syndicats grévistes en dépit de sa décision de geler le mouvement de grève qu’il avait entamé. Idem pour le Satef qui dans un communiqué rendu public ne cache pas son inquiétude face aux attaques contre les libertés syndicales. Il y dénonce «avec vigueur la campagne féroce et l’offensive guerrière menée par le ministère de l’Education en concert avec une noria d’organisations saisonnières fantoches contre des travailleurs qui ont osé exercer leur droit légitime à faire grève». Il propose de faire face à l’offensive de Benbouzid en renforçant l’entraide intersyndicale. Le Satef fait une proposition concrète en annonçant l’éventualité d’un dépôt de plainte au niveau de l’OIT pour, dit-il, «mettre le gouvernement devant ses responsabilités et devant son devoir de respect des conventions qu’il a pourtant ratifiées». De son côté, le CLA «dénonce l’instrumentalisation de la justice par l’utilisation du référée comme épée de Damoclès. Les pouvoirs publics dévoilent leur vrai visage et confirment les limites du légalisme ». Tout comme le Satef, il croit que seule l’unité d’action commune sera une réponse adéquate aux multiples atteintes.
N. I.

Source : LE SOIR D'Algérie

 
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