Vous Êtes Economie Issad Rebrab, Président de Cevital : « les prix du sucre devront baisser à la fin de l’année »
Dimanche, 28 Février 2010 15:39    Lu : 430

Issad Rebrab, Président de Cevital : « les prix du sucre devront baisser à la fin de l’année »

cevital bhaisse les prix du sucre Issad Rebrab, Président de Cevital : « les prix du sucre devront baisser à la fin de l’année » INTERVIEW Le prix du sucre a augmenté ces derniers jours sur le marché national. Des producteurs de boissons ont profité de cette hausse pour augmenter les prix de leurs produits. Les consommateurs s’interrogent sur les raisons de ces hausses… Les producteurs de boissons sont libres d’augmenter les prix de leurs produits. Mais cette augmentation ne peut pas être justifiée par celle des prix du sucre. En tout cas, Cevital n’a pas répercuté la hausse des prix du sucre sur le marché mondial sur les producteurs de boissons algériens : Coca-Cola, Pepsi-Cola, NCA, Hamoud Bouâlem, Mami et Ifri.Cevital est lié à ces groupes par des conventions fixant les prix du sucre du 15 décembre 2009 au 31 mars 2010. Nous avons acheté les quantités nécessaires pour les approvisionner. Les producteurs qui ont opté pour le sucre liquide bénéficient même d’un prix inférieur et avantageux.
La hausse du prix du sucre va-t-elle se poursuivre ou peut-on s’attendre à une baisse ?
Le prix du sucre a commencé à augmenter en 2008. En janvier dernier, il a atteint un niveau que nous n’avons pas connu depuis 30 ans, à plus de 800 dollars la tonne pour le sucre blanc. Sur le marché national, le kilogramme de sucre est cédé à 85 dinars sortie d’usine. Cette hausse est due à l’envolée de la matière première sur le marché mondial. Le sucre roux qui est obtenu par la transformation de la betterave sucrière ou de la canne à sucre. Le sucre roux est cédé à plus de 690 dollars la tonne. C’est plus du double d’il y a une année. Mais les prix du sucre devront baisser à la fin de cette année pour retrouver des niveaux normaux.
La hausse des prix du sucre sur le marché mondial s’est répercutée négativement sur le consommateur algérien davantage que d’autres pays. Pourquoi ?
Nous avons suggéré au gouvernement de baisser ou de supprimer la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) sur le sucre. Cette taxe est de 17% en Algérie alors qu’elle n’est que de 5,5% en France, 7% au Maroc et inexistante en Egypte, au Liban, en Syrie et en Tunisie par exemple. Cevital s’engage à répercuter une éventuelle suppression ou réduction de la TVA sur le prix du sucre destiné au consommateur. Nous avons suggéré aussi la suppression ou la réduction de la TVA sur les huiles végétales, avec l’engagement de la répercuter sur le consommateur final.
L’Algérie peut-elle connaître une pénurie de sucre ou d’huile ?Il n’y aura jamais de pénuries, ni en huile ni en sucre. Les capacités de raffinage d’huile dépassent 300% des besoins nationaux. Pour le sucre, l’Algérie qui produit le double de ce qu’elle consomme, n’a plus besoin d’importer. On produit près de deux millions de tonnes par an pour une consommation nationale de 1,1 millions de tonnes. Nous avons un excédent de 900.000 tonnes à exporter. En 2009, vous avez annoncé des projets d’exportation de sucre…Nous exportons déjà du sucre et nous comptons augmenter les volumes exportés. Nous avons demandé à l’Union européenne de nous accorder un quota de 500.000 à 900.000 tonnes de sucre dans le cadre de la révision de l’accord d’association. Cevital compte produire 1,5 million de tonnes de sucre et 1,8 millions de tonnes en 2011.
Peut-on cultiver de la betterave sucrière ou de la canne à sucre en Algérie pour réduire notre dépendance vis-à-vis de l’étranger ?
D’abord, on ne peut pas importer, ni la betterave sucrière, ni la canne à sucre parce qu’elles se dégradent rapidement et nécessitent d’être transformées sur place. L’Algérie avait deux sucrières, une à Guelma et l’autre à Chlef, mais elles n’étaient pas rentables. La culture de la betterave sucrière qui nécessite beaucoup d’eau n’est pas rentable dans un pays confrontée aux problèmes de l’eau comme l’Algérie. Notre pays ne peut pas se permettre de cultiver la betterave sucrière et encore moins la canne à sucre. Ces deux plantes sont cultivées dans les pays tropicaux où l’eau est abondante et gratuite.
L’Algérie doit prioriser des cultures qui ne consomment pas beaucoup d’eau. Nous avons plus intérêt à cultiver la pomme de terre que la betterave sucrière. En Algérie, on peut cultiver les graines oléagineuses. Nous avons les moyens pour le faire, en alternance avec les céréales, à la place de la jachère. Ces graines sont légumineuses et enrichissent le sol en azote. Leur culture permettra aux agriculteurs d’économiser les engrais, de meilleurs rendements en céréales et d’avoir des récoltes annuelles contre une seule tous les deux ans aujourd’hui. Les graines oléagineuses coûtent plus chères que les céréales sur le marché mondial. La culture de ces graines permettra à notre pays de couvrir 100% de ses besoins en huiles végétales et en tourteaux et exporter pour plus d’un milliard de dollars chaque année, tout en créant plus de 100.000 emplois dans l’agriculture. Nous attendons toujours les autorisations nécessaires pour implanter notre unité de trituration des graines oléagineuses à Bejaia.

SOURCE : TSA ALGERIE

 
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