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Mercredi, 13 Janvier 2010 10:41    Lu : 249

IL A CONVOQUÉ HIER LE COMITÉ AD HOC DE LUTTE CONTRE LA GRIPPE A

«Une conférence de presse sera organisée incessamment et animée par certains professeurs éminents pour apporter des éclaircissements sur l’efficacité de ce vaccin et l’utilité de la vaccination comme stratégie pour venir à bout de la pandémie». Il est question, également, avons-nous encore appris, «d’un bilan préliminaire de la campagne et des perspectives à venir s’agissant de la lutte contre la grippe A qui risque de prendre des proportions alarmantes au regard de la vague de froid qui sévit actuellement dans notre pays. Un facteur qui accentue la propagation du virus». «On prévoit, poursuit notre source, un pic pandémique pour la fin du mois de janvier et début février.» Il faut croire que la campagne de vaccination contre la grippe porcine qui évolue en dents de scie ne laisse guère à l’optimisme et certains parlent déjà à presque une quinzaine de jours depuis son lancement de fiasco. La contestation des praticiens de la santé, qui ne trouve pas d’oreille attentive de la part de leur tutelle, la crise au sein de l’institut Pasteur, qui a vu son ancien directeur limogé et le décès du médecin de Sétif après s’être vacciné laissent planer le doute et la suspicion autour de ce vaccin dont le contrat d’achat s’est fait dans une totale opacité et après moult tergiversations. La guerre des laboratoires, qui dominent le marché du médicament et qui tirent les ficelles dans l’ombre, attise également les supputations et renforce la méfiance chez le citoyen qui en arrive à accepter la fatalité que de subir les affres de la vaccination. Pourtant, pour d’autres maladies, la vaccination se fait le plus normalement possible en dépit des effets secondaires dont elle n’est jamais totalement exempte. Pour notre source, «nous avons constaté la baisse de vigilance depuis quelque temps et bizarrement, c’est le vaccin qui fait peur et non le virus. Ce dernier pourtant fauche des malades chaque jour que Dieu fait !» «Le suspect» est le nouveau vaccin avec adjuvant l’Arepanrix que l’Algérie a importé et qui est fabriqué par la compagnie GlaxoSmithKline (GSK), homologué récemment au Canada et qui contient du mercure thimérosal et le squalène, un composant non approuvé comme adjuvant aux Etats-Unis. Et c’est cet adjuvant qui suscite les craintes du personnel médical, pouvant provoquer des malformations congénitales. Ce qui semble également faire peur aux femmes enceintes et même aux corps constitués qui restent sur leurs gardes. Et quand on sait que la campagne de vaccination des enfants scolarisés débutera au mois d’avril prochain, il faut s’attendre à ce que les parents refusent de mettre en «danger» leur progéniture. Mais cela reste toujours dans le domaine de la spéculation. Cependant, cette situation est à mettre sur le dos du ministre de la Santé Saïd Barkat qui au début de l’épidémie n’a eu de cesse de dire que l’Algérie n’est pas touchée et que les Algériens sont à l’abri, jusqu’au jour où le premier décès est survenu. Face aux lenteurs dans l’importation du vaccin qui a par la suite connu les méandres du contrôle des laboratoires d’analyses sans oublier les turbulences syndicales et le manque d’adhésion du personnel médical réticent à la vaccination, il fallait se rendre à l’évidence qu’on s’acheminait vers un échec. Le ministre semble dépassé par la gestion chaotique du dossier. Et même les spécialistes, qui ont montré le bon exemple en se faisant vacciner, éprouvent du mal à renverser la vapeur. Le ministre de la Santé est obligé de recourir à une contre-communication à la communication qu’il a lui-même mise en place. En l’espace de trois mois, on est passé du «tout va bien» au «tout va mal !». La comptabilité macabre quotidienne liée au virus est là pour l’attester. Et jusqu’ à présent, alors que d’autres pays ont pratiquement terminé la phase de vaccination, on est encore à se demander «faut-il se vacciner ou pas ?». Difficile de convaincre quand on a tout fait pour attiser la psychose et la méfiance.
Par : Fatma Haouari

Source : LE SOIR D'ALGERIE

 
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